sign_cathIl n'y avait pas une ligne de plus dans le courrier adressé par Catherine.
Mais ce blanc silence des mots était son message. Comme la musique fait avec le silence, l'écriture fait avec le blanc, et l'invisible avec l'image (car il y avait des images, dans le second courrier – il faudra cliquer sur la signature pour les voir). La signature. C'est la première marque de l'existence d'un individu humain. Son fragment d'écriture. Son empreinte. En elle est inscrite le pouvoir magique. Toujours le même, le seul, l'unique pouvoir magique que nous transportions : celui de la connaissance du bien et du mal.
Je pense à Augusto Boal, avec qui j'ai eu la grande chance de faire un stage. Ce que nous mettions en scène reflètait des réalités socio-politiques, et lorsque nous permettions à nos personnages de résoudre un conflit de façon irréaliste (l'agresseur se transformait en ami, par exemple), il s'exclamait STOP ! C'est magique !
Nous n'avions pas le droit de faire les magiciens.
C'est en travaillant en confiance avec nos moyens de fourmis, que nous transportons le véritable magicien qui opère, par-dessus notre dos.