15 mai 2009
Comment vivre avec ses contradictions ?
Question éminemment politique, qui se pose non seulement à la société, aux sociétés, mais à chacun en tant qu'il en occupe une place.
Véronique Peres, participante des Premières rencontres nationales sur la contradiction, qui se sont déroulées en mars dernier à Saint-Etienne, a répondu par une proposition artistique.
Elle a fait appel au carré d'Apulée, histoire sans doute de mettre de la logique dans tout ça. Apulée pourtant s'est fait connaître surtout par son imagination débordante, mais peut-être est-ce aussi cette apparente contradiction qui a intéressé l'artiste énigmatique qu'est V. Peres.
Revenons ici et maintenant. Figurons-nous le monde comme un carré — ou un tapis de jeu — (est-ce à cela que nous l'avons réduit ?), il y a de bonnes places à occuper, et de moins bonnes. En vérité il faut bien qu'elles s'excluent, ou qu'elles cohabitent. C'est ce qu'on voit tous les jours.
Si on le voit d'assez haut, cela ressemble à ces jeux de pousse-pousse où chacun ne peut occuper qu'une place disponible, quitte à pousser quelqu'un à l'eau pour avoir plus d'aisance dans ses mouvements.
Si on le voit d'assez loin cela ressemble à un carré mathématique ou à une peinture abstraite. Il suffit justement de pouvoir s'abstraire suffisamment.
Pourtant c'est à ce prix — le passage par l'abstraction — que nous pouvons revenir à la figuration, pas seulement en peinture mais sur la scène, et tenir un rôle d'acteur dans ce monde qui est le nôtre et non plus celui des Dieux (dont déjà se jouait Apulée), un monde aux facettes mobiles, qui a besoin de toutes nos ressources de pensée, de logique et d'imagination pour tenir ensemble ses contradictions.
Voir l'ensemble de la proposition de V.Peres ainsi que les nombreuses et riches contributions à ces rencontres : suivez-ce-lien
05 novembre 2008
adieu aux femmes bibliques
La mort comme un sourire - comme un coucher de soleil - étincelant de mille feux sur une mer multicolore.
Je pense encore à toi ce soir - ma mie - ma sœur - mon Emmanuelle aux cheveux rouges et au corps de nacre. Tu me regardes en souriant par dessus ton épaule.
Que peut-il exister d'autre ? A quel paradis prétendre ? Quelle route prendre ? Quel chemin parcourir ?
Où est l'île au trésor. Que vont devenir Sarah, Esther, Bethsabée et Judith ? Sur qui vont-elles veiller et les remercierai-je assez de leur tendresse impudique et de leur étrange regard braqué sur les arcanes de l'âme humaine et des soirées d'écriture.
Michel Ollier
(le texte entier sur mot à mot)
09 octobre 2008
L'enfance de lire de Véronique Peres
"J’ai résumé dans le petit arbre joint (une façon ludique d’ébaucher un texte qui m’a été soufflée par Hubert Jaoui) ce qui fut l’événement marquant de ma jeunesse, la boulimie de la lecture , mon enfance de Lire ! Vous pourrez découvrir à travers chacune des branches que cela n’était pas évident mais que faute de livres culturellement riches à ma disposition je me suis mise à tout lire ce que j’avais sous la main. J’ai un regret aujourd’hui, c’est de ne pas avoir découvert mes classiques (hors ceux que j’ai lus pendant mes études, essentiellement scientifiques…). L’intérêt est que je m’autorise à tout lire dans la mesure de mon temps disponible." V.P.
cliquez sur l'image pour vous promener dans l'arbre
16 août 2008
femmes bibliques
Véronique Peres expose cet été son travail sur les femmes dans la Bible et les textes sacrés. judith, marie-madeleine, esther et suzanne font chacune l'objet de toiles de grand format que vous pourrez admirer à l'espace-galerie des éditions Gaspard Nocturne, 4 rue Pêcherie à Romans (Drôme) tel 09 63 20 63 80. L'exposition comporte également deux tablettes de porcelaine gravées réalisées par l'artiste à partir de textes bibliques.
Dans le même temps l'atelier de création de l'été reste ouvert autour du texte (passant par l'écriture, la lecture à voix haute, la concrétisation du texte adaptée à chacun des créateurs), Myra coppey (collages et livres d'artiste) et Eric Ferber (photographies) sont les artistes associés à cet atelier. René Thibaud en est le coordonnateur.
cliquez sur le nom des femmes pour voir les tableaux, voir aussi G.de la Tour : madel1 et, pour contraster, le romantique F.Hayez
voir aussi le Tintoret : suzanne
23 octobre 2007
Véronique Peres en lecture
Il n'y a pas de rapport sexuel. Ces mots d'un célèbre maître de la psychanalyse m'ont fait un clin d'œil lorsque j'ai découvert cette peinture de Véronique Peres à qui nous ferons écho en lecture.
Je suis tenté de me demander s'il y a un rapport peinture lecture mais mardi 23 octobre il y a bien soirée lecture chez Gaspard Nocturne, avec la présence simultanée et peut-être amoureuse des textes et des toiles, des paroles et des visions, ou autrement qu'on veuille ou puisse les appeler, il y aura comme dirait Michel Ollier – auteur et lecteur de la soirée– il y aura "de l'avec".
"être avec" nous tiendra donc lieu de rapport ce soir
Le talent de Véronique Peres est multiple et s'est d'abord exprimé dans le conte illustré. Elle expose actuellement dans nos locaux une série d'abstractions rouges et jaunes en forme de puzzle, après avoir accroché précédemment d'énigmatiques et belles méditations plastiques sur "le fil" (rouge, toujours). Des paroles et des écrits se sont ainsi noués à ce fil-là lors des soirées d'écriture du mardi ou des journées du samedi.
Or c'est la première fois que je vois un nu dans l'œuvre de Véronique Peres. Ma surprise est totale, et plus encore de voir qu'il s'agit d'une vanité, assez dans la tradition. L'artiste m'apprend ensuite qu'elle s'intitule Mado, ou Marie-Madeleine, et je pense que, décidément, cette femme aura beaucoup servi.
Je vous souhaite de découvrir plus avant l'œuvre de cette jeune artiste sur son site
P.S. pour en savoir plus sur "Mado" : http://singulart.over-blog.com/