éditions Gaspard Nocturne

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09 mai 2009

sur le cahier d'écriture, pour Mabruka

pourMabrouka77 mai 2009. Dans certaines circonstances

L'être humain ne compte pas.

Il suffit qu'il gêne la bonne conscience d'un groupe qui s'est approprié un territoire ou un magot
qu'il gêne le passage des armes ou des bombes qui nettoient le territoire ou protègent le magot
qu'il gêne parce qu'on a décrété noir sur blanc qu'il gêne

dans ces circonstances, le pouvoir politique, sourd et aveugle, broie l'être humain sans un regard

Ce n'est pas nouveau, ni au Sri Lanka, ni au Pakistan, ni en France, ni en Italie, c'est tous les jours partout.
(cliquez sur le lien)

voir aussi derrière les portes    
photo R. Thibaud

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04 mai 2009

les olagnates

les_olagnates_couv4les_olagnates_couv1«Les Olagnates. Ce mot est venu par hasard, il insistait. Je ne connais pas son origine et n'en trouve pas trace dans le dictionnaire des expressions dauphinoises.
Est-ce à cause des "olagnes", ces châtaignes du pays hérissées de piquants ? Les maladies sont-elles comme ces bogues qui déchirent... mais quand on les a ouvertes, on trouve l'humain.»
Nicole Chaabi, Les olagnates, extrait de l'avant-propos.

C'est au printemps 2008 que Nicole Chaabi ouvre un blog sous ce titre étrange resurgi du passé et, jour après jour, elle va recréer, plutôt que retrouver, des souvenirs enfouis par le temps et la nécessité de vivre. Les personnages qui n'avaient pas alors la parole vont surgir et se précipiter dans ses pages. 

voir aussi Un bain de jouvence                                                              (cliquez sur la 4è page de couverture pour l'agrandir)

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03 mai 2009

il écrit dans la neige

francoisKernÀ présent les nuages défilent et le soleil met les voiles et le type avance en métronome, toujours dans ma ligne de mire. Il faudrait continuer à le garder à vue pour espérer le rejoindre. Alors je pioche, je tire sur les bras, je m'applique à rentabiliser mes efforts, à glisser plutôt que de marcher, à poser des appuis stables sur ce dévers inconstant. Bon élève, je fais ce qu'Alexandre m'a toujours dit de faire : je me concentre sur la technique quitte à laisser s'échapper quelques pensées hasardeuses par le haut, par la tête. Difficile de toujours tout contrôler, je ne sais pas pour les autres mais il m'arrive parfois de partir dans un grand n'importe quoi mental. Ça peut ressembler à ça.

Eric Tchijakoff, extrait de Topos, récits de neige. > en savoir plus
photo  chasseurdimages

C'est peut-être ça, écrire dans la neige : atteindre ce vertige où quelque chose d'une quête va se révéler — non pas une quête solitaire, ni une quête de l'impossible — mais quelque nécessaire jonction avec soi-même.

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26 avril 2009

écrire ?

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Les murs d'une chapelle du XVè siècle à La Trinité, dans le Morbihan. Lorsqu'on y entre on sait tout d'un coup, mieux que jamais, ce qu'est l'écriture. Ou plutôt quelque chose le sait, les pierres du sol, l'air tranquille que la lumière pénètre et que les pas entament, le temps partout et insaisissable. Toutes les heures d'une vie, tous les âges, toutes les prières, toutes les souffrances, tous les espoirs, rien, rien n'est étranger à cette écriture, rien de ce qui est et a été humain.

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"mon attention fut attirée par le mausolée de Lâlla Oum Saâd. Sur le mur qui en constitue l'enceinte, les femmes ont inscrit avec du henné, couche après couche, à la manière d'un palimpseste,  tout un chapelet de vœux qui tournent grosso modo autour du mariage, du succès scolaire ou de la réussite dans la vie..." (Photoeil)

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En mettant en relation ces deux lieux éloignés je m'aperçois que je n'ai que l'intuition d'une maille dans l'immense et infini tissu d'un monde multiple, toujours à construire, celui de la connaissance errante comme le dit si magnifiquement Edouard Glissant, errante parce qu'elle ne saurait avoir de centre, qu'elle est tout entière relations.

Merci à Christian Jaccard et à Photoeil pour leur aimable participation. 

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02 avril 2009

entre Pascal et Jules Renard

notrecinemaun pont au-dessus de la violence. Dans notre prochaine soirée lecture nous mettrons le petit Poil de Carotte en relation avec le grand Pascal. Par leur vigueur, leur absence de concession et leur luminosité ces deux œuvres par ailleurs si peu comparables se rejoignent. Le constat de départ est le même : la violence domine au mépris de toute vérité. Si Pascal s'en remet à la puissance de Dieu pour assurer le triomphe final de la vérité sur la violence, Jules Renard développe un art limpide et fulgurant pour porter au grand jour la vérité.

C'est une étrange et longue guerre que celle où la violence essaie d'opprimer la vérité. Tous les efforts de la violence ne peuvent affaiblir la vérité, et ne servent qu'à la relever davantage. Toutes les lumières de la vérité ne peuvent rien pour arrêter la violence, et ne font que l'irriter encore plus. Quand la force combat la force, la plus puissante détruit la moindre ; quand l'on oppose les discours aux discours, ceux qui sont véritables et convaincants confondent et dissipent ceux qui n'ont que la vanité et le mensonge : mais la violence et la vérité ne peuvent rien l'une sur l'autre. [...] Pascal, Les Provinciales.

Prochaine soirée lecture "la littérature analyse la violence" mardi 7 avril 19h 4 rue Pêcherie à Romans Drôme Entrée libre.                                                voir aussi derrière les portes

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20 mars 2009

un printemps que nul été ne suit

Pour rester dans le jaillissement de poésie de la semaine dernière à la médiathèque de Valence, je retiens, comme printemps de poète, celui que Krishnamurti, à bout de toute tentative de dire la sensation au-delà du mot, laissait éclore, s'abandonnant à "l'alchimie du verbe" :

La lune jaillissait de la mer et pénétrait une vallée de nuages. Les eaux étaient encore bleues et Orion tout juste visible dans le ciel pâle et argenté. Les vagues blanches bordaient la côte et les cabanes des pêcheurs, carrées, nettes et sombres sur le sable clair étaient très proches de l'eau. Les murs de ces cabanes étaient de bambous et les toits étaient couverts de feuilles de palmiers liées les unes aux autres et disposées en pente afin que les fortes pluies ne puissent pénétrer. Pleine et ronde, la lune traçait un sentier de lumière sur les eaux dansantes. C'était une énorme boule d'or – vous n'auriez pu l'encercler de vos bras. S'élevant au-dessus de la vallée de nuages, tout le ciel lui appartenait. Le bruit de la mer était incessant, et cependant un immense silence régnait. Lire la suite <<

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26 février 2009

poètes accourez, c'est le printemps !

PJ59_LOGO_20PDP_HDC'est à la médiathèque de Valence que nous vous donnons rendez-vous, pour notre part, le samedi 14 mars. Laissez-vous séduire par le beau titre animé qui annonce le programme. Une demi-lettre biffée et le rire est invité. Cela nous change de ce qu'on entend toujours gravement : la littérature ne sert à rien, le plus souvent de la bouche même des auteurs. Ils pourraient ajouter surtout en temps de crise ! Pourtant, on se met à parler de poésie, peut-être parce que c'est le printemps !
Pour ma part, je ne fais pas de différence entre l'une et l'autre. Ce que je suis, ce que je pense, je le dois en très grande partie à l'écrit. Et ce pourrait être à l'oral, ça n'en serait pas moins littérature, ou poésie. Tout ce que l'on est, ce qui régit nos rapports humains a sa source dans nos pensées : cette compilation, cette macération, cette digestion des pensées qui nous ont précédés, qui se sont inscrites dans les mémoires et qui ont essaimé comme la fleur de pissenlit si bien soufflée par la bouche humaine du dictionnaire. Les mots et les phrases germent et mûrissent en atteignant le sol fertile de notre cerveau, qui est fait de ce substrat littéraire qu'est le langage. Je vous envoie donc pour finir avec optimisme une poignée de graines venues de Le Clézio lors de son discours du Nobel :
L'écrivain, le poète, le romancier, sont des créateurs . Cela ne veut pas dire qu'ils inventent le langage, cela veut dire qu'ils l'utilisent pour créer de la beauté, de la pensée, de l'image. C'est pourquoi l'on ne saurait se passer d'eux. Le langage est l'invention la plus extraordinaire de l'humanité, celle qui précède tout, partage tout. Sans le langage, pas de sciences, pas de technique, pas de lois, pas d'art, pas d'amour. Mais cette invention, sans l'apport des locuteurs, devient virtuelle. Elle peut s'anémier, se réduire, disparaître. Les écrivains, dans une certaine mesure, en sont les gardiens. Quand ils écrivent leurs romans, leurs poèmes, leur théâtre, ils font vivre le langage. Ils n'utilisent pas les mots, mais au contraire ils sont au service du langage. Ils le célèbrent, l'aiguisent, le transforment, parce que le langage est vivant par eux, à travers eux et accompagne les transformations sociales ou économiques de leur époque.

Voir : le programme du Printemps des Poètes à la médiathèque de Valence

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18 février 2009

en forme de ballade

villonC'est ainsi que François Villon avait sous-titré son épitaphe, que tout le monde connaît, celle des pendus qui se balancent, essaimant leur parole jusqu'à nous. C'est avec ce texte, et avec celui d'Albert Cohen "O vous frères humains" que nous avons introduit le cycle de lectures de ce printemps La littérature analyse la violence, dans les textes anciens et modernes.
Prochaines séances les mardis 10 mars et 7 avril, toujours à 19 heures, chez Gaspard Nocturne, 4 rue Pêcherie à Romans dans la Drôme.
L'entrée est libre et gratuite, dans la limite des places disponibles.
Des documents à lire en relation avec ces lectures derrière les portes.

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11 février 2009

porte ouverte à la lecture

Prochaine porte ouverte à la lecture mardi 17 février à 19h chez Gaspard Nocturne 4 rue Pêcherie à Romans (26100), à l'occasion de l'ouverture d'un cycle de lectures consacré à l'analyse de la violence dans les textes anciens et modernes. Toutes les personnes intéressées peuvent se présenter. Entrée libre. Vingt-cinq  places disponibles.

Avant-propos

ZoranMusicIl y a deux ans, durant les premiers jours qui ont suivi notre retour, nous avons été, tous je pense, en proie à un véritable délire. Nous voulions parler, être entendus enfin. On nous dit que notre apparence physique était assez éloquente à elle seule. Mais nous revenions juste, nous ramenions avec nous notre mémoire, notre expérience toute vivante et nous éprouvions un désir frénétique de la dire telle quelle. Et dès les premiers jours cependant, il nous paraissait impossible de combler la distance que nous découvrions entre le langage dont nous disposions et cette expérience que, pour la plupart, nous étions encore en train de poursuivre dans notre corps. Comment nous résigner à ne pas tenter d'expliquer comment nous en étions venus là. Nous y étions encore. Et cependant c'était impossible. À peine commencions-nous à raconter, que nous suffoquions. À nous-mêmes, ce que nous avions à dire commençait alors à nous paraître inimaginable.
Robert Antelme, 1947.
(L'espèce humaine, Gallimard)  (peinture Zoran Music (détail) © ADAGP, 2007. collection particulière. Photo C.N.A.C.)

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07 janvier 2009

Jean Vigna à la librairie Écriture

L'auteur de Les élémentaires lira des extraits de son livre et dialoguera avec le public jeudi 15 janvier à 20 heures à la librairie Écriture à Chabeuil. Il sera accompagné par Catherine Menant, dont les chroniques à Anne, ma sœur Anne lui feront un contrepoint très actuel.
Avec ces deux talentueux lecteurs et conteurs c'est, en effet, l'art du récit qui sera à l'honneur, éclairant, d'une génération l'autre, le permanent besoin de se parler et de s'émouvoir.

Librairie Écriture, place Charles de Gaulle, 26120 Chabeuil. Un rendez-vous à ne pas manquer.

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