08 novembre 2009
la proximité de l'autre
« Mais il n’y a pas assez dans votre porte-monnaie ! »
La voix, forte et aigüe me tire de l’indifférente torpeur de l’attente. C’est samedi après-midi et au Monoprix de la Place Garibaldi, nous sommes nombreux à patienter pour régler nos achats.
Soudain tous les regards convergent vers la caissière qui a ainsi parlé. Il se passe quelque chose. Les cous se tendent, les voix se font murmures. Lire la suite >
09 mai 2009
sur le cahier d'écriture, pour Mabruka
7 mai 2009. Dans certaines circonstances
L'être humain ne compte pas.
Il suffit qu'il gêne la bonne conscience d'un groupe qui s'est approprié un territoire ou un magot
qu'il gêne le passage des armes ou des bombes qui nettoient le territoire ou protègent le magot
qu'il gêne parce qu'on a décrété noir sur blanc qu'il gêne
dans ces circonstances, le pouvoir politique, sourd et aveugle, broie l'être humain sans un regard
Ce n'est pas nouveau, ni au Sri Lanka, ni au Pakistan, ni en France, ni en Italie, c'est tous les jours partout.
(cliquez sur le lien)
voir aussi derrière les portes
photo R. Thibaud
03 mai 2009
il écrit dans la neige
À présent les nuages défilent et le soleil met les voiles et le type avance en métronome, toujours dans ma ligne de mire. Il faudrait continuer à le garder à vue pour espérer le rejoindre. Alors je pioche, je tire sur les bras, je m'applique à rentabiliser mes efforts, à glisser plutôt que de marcher, à poser des appuis stables sur ce dévers inconstant. Bon élève, je fais ce qu'Alexandre m'a toujours dit de faire : je me concentre sur la technique quitte à laisser s'échapper quelques pensées hasardeuses par le haut, par la tête. Difficile de toujours tout contrôler, je ne sais pas pour les autres mais il m'arrive parfois de partir dans un grand n'importe quoi mental. Ça peut ressembler à ça.
Eric Tchijakoff, extrait de Topos, récits de neige. > en savoir plus
photo chasseurdimages
C'est peut-être ça, écrire dans la neige : atteindre ce vertige où quelque chose d'une quête va se révéler — non pas une quête solitaire, ni une quête de l'impossible — mais quelque nécessaire jonction avec soi-même.
26 avril 2009
écrire ?
Les murs d'une chapelle du XVè siècle à La Trinité, dans le Morbihan. Lorsqu'on y entre on sait tout d'un coup, mieux que jamais, ce qu'est l'écriture. Ou plutôt quelque chose le sait, les pierres du sol, l'air tranquille que la lumière pénètre et que les pas entament, le temps partout et insaisissable. Toutes les heures d'une vie, tous les âges, toutes les prières, toutes les souffrances, tous les espoirs, rien, rien n'est étranger à cette écriture, rien de ce qui est et a été humain.
"mon attention fut attirée par le mausolée de Lâlla Oum Saâd. Sur le mur qui en constitue l'enceinte, les femmes ont inscrit avec du henné, couche après couche, à la manière d'un palimpseste, tout un chapelet de vœux qui tournent grosso modo autour du mariage, du succès scolaire ou de la réussite dans la vie..." (Photoeil)
En mettant en relation ces deux lieux éloignés je m'aperçois que je n'ai que l'intuition d'une maille dans l'immense et infini tissu d'un monde multiple, toujours à construire, celui de la connaissance errante comme le dit si magnifiquement Edouard Glissant, errante parce qu'elle ne saurait avoir de centre, qu'elle est tout entière relations.
Merci à Christian Jaccard et à Photoeil pour leur aimable participation.




