Tal_Coat_la_lecture_1926_51_2x33cmSi partir est très beau, le voyage dans les mots se prête aux beaux départs sans qu'il soit nécessaire de penser au retour. Le doigt sur un bouton, te voilà dans les airs, passant aux antipodes en l'espace d'un cillement, et franchissant les nuées et les barrages d'étoiles jusqu'à la couche d'ozone.

Le voyage dans les mots embarque l’écrivain comme un cavalier seul qui file entre les lignes, saute toutes les virgules et grille tous les points à l’exception bien entendu des points de suspension. Toutes ces ponctuations qui servent de pauses multiples sur la route pleine d’embûches où jamais l’on est sûr d’arriver à bon port.

Le voyage dans les mots emballe le lecteur qui part dans tous les sens, avec son livre ouvert, parfois plus loin que l’auteur, pleurant plus que l’auteur, maudissant les héros qui font mauvaise figure au fil de l’histoire, applaudissant tous ceux qui sont dans la droite ligne de la moralité ou qui ont fait les prouesses à nulle autre pareille, à nul autre pareil.

Le voyage dans les mots soulage partout sur Terre tous ceux qui aiment écrire et qui lisent nuit et jour à la lueur du soleil ou des étoiles lointaines pour que brillent les esprits.

Jean Saint-Vil

poète haïtien qui vient de faire escale à Hauterives au Baz'art des mots pour une lecture pleine d'enchantement, mais aussi de désenchantement pour une île si tragiquement oubliée. >>> Lire aussi un poème
Encre de Tal Coat