francoisKernÀ présent les nuages défilent et le soleil met les voiles et le type avance en métronome, toujours dans ma ligne de mire. Il faudrait continuer à le garder à vue pour espérer le rejoindre. Alors je pioche, je tire sur les bras, je m'applique à rentabiliser mes efforts, à glisser plutôt que de marcher, à poser des appuis stables sur ce dévers inconstant. Bon élève, je fais ce qu'Alexandre m'a toujours dit de faire : je me concentre sur la technique quitte à laisser s'échapper quelques pensées hasardeuses par le haut, par la tête. Difficile de toujours tout contrôler, je ne sais pas pour les autres mais il m'arrive parfois de partir dans un grand n'importe quoi mental. Ça peut ressembler à ça.

Eric Tchijakoff, extrait de Topos, récits de neige. > en savoir plus
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C'est peut-être ça, écrire dans la neige : atteindre ce vertige où quelque chose d'une quête va se révéler — non pas une quête solitaire, ni une quête de l'impossible — mais quelque nécessaire jonction avec soi-même.