20 mars 2009
un printemps que nul été ne suit
Pour rester dans le jaillissement de poésie de la semaine dernière à la médiathèque de Valence, je retiens, comme printemps de poète, celui que Krishnamurti, à bout de toute tentative de dire la sensation au-delà du mot, laissait éclore, s'abandonnant à "l'alchimie du verbe" :
La lune jaillissait de la mer et pénétrait une vallée de nuages. Les eaux étaient encore bleues et Orion tout juste visible dans le ciel pâle et argenté. Les vagues blanches bordaient la côte et les cabanes des pêcheurs, carrées, nettes et sombres sur le sable clair étaient très proches de l'eau. Les murs de ces cabanes étaient de bambous et les toits étaient couverts de feuilles de palmiers liées les unes aux autres et disposées en pente afin que les fortes pluies ne puissent pénétrer. Pleine et ronde, la lune traçait un sentier de lumière sur les eaux dansantes. C'était une énorme boule d'or – vous n'auriez pu l'encercler de vos bras. S'élevant au-dessus de la vallée de nuages, tout le ciel lui appartenait. Le bruit de la mer était incessant, et cependant un immense silence régnait. Lire la suite <<
Commentaires
Dire la sensation au-delà des mots, c'est l'éternel problème, et jamais résolu, de tout créateur.
Seules, peut-être, certaines musiques peuvent "occuper" un seuil limite qui peut faire basculer l'âme vers un autre état, celui de la contemplation... celle-ci s'ouvrant elle-même sur la vie spirituelle.
D'où ces douloureuses fiançailles, jamais consommées, entre l'art et la vie spirituelle...!
21.3.09
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