Lettres1rue_casesDe Joseph Zobel nous avons tous hérité un coin de La rue Cases-Nègres, un peu de cet enfant qu’il était et de M’man Tine qui portent tous deux l’âme de la Martinique. Si lui aussi vécut à Dakar, y travailla à la vie culturelle et artistique, il fut d’abord, dans les années 40, le précurseur des romanciers martiniquais, avec son roman Diab’là. Celui-ci, malgré l’interdiction du gouvernement pétainiste, marqua d’une influence profonde l’histoire de la «créolité».

Au-delà de cette flamme inaugurale, Zobel est devenu un des grands conteurs de la francophonie : Le soleil partagé, ce beau titre qu’il a choisi pour un de ses livres, pourrait aussi bien définir cette langue française et ce qu’elle a représenté de rêve, d’espoir et de culture dans les lointains mondes tourmentés de la colonisation.

Son art sobre et profond, empreint d’une délicatesse fort rare, fait de lui un écrivain tout à fait original. Il faut lire ou relire aux éditions Présence Africaine La rue Cases-nègres, Le soleil partagé, mais aussi  Laghia de la mort, et Les mains pleines d’oiseaux (nouvelles éditions latines) ou encore  La fête à Paris, et Les jours immobiles aux éditions Kraus Reprint ; Quand la neige aura fondu, Et si la mer n’était pas bleue, ces derniers aux éditions Caribéennes. À nous souhaiter cette grâce, et celle d’ajouter D’amour et de silence, paru en 1996, sans prétendre à une complète bibliographie.

Depuis plus de cinquante ans Joseph Zobel écrit le Journal, dont il vient de nous offrir quelques extraits et un poème, inédits.
René Thibaud, in Le français comme on l'aime.  mars 2000.
Voir aussi :
derrière les portes.